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samedi 21 décembre 2013

Bercée par le Vent d'Autan / Rocked by the Southern Wind

Bercée par le vent d’Autan
J’imagine les champs ocre sous le soleil blanc
Ces chemins creux, ces plaines
Où blés et tournesols s’épanouissent
Pour offrir à ma vue le spectacle de leur simple beauté…


Bercé par le vent d’Autan
Qui n’a pas mangé des grains de blé en guise de gomme à mâcher,
Et éprouvé le plaisir de l’enfance apaisée de ses doutes et de ses chagrins…
Je peux sentir la joie de vivre ces instants dans la moindre rivière, le moindre ruisseau,
Je peux en croire la roue du temps,
Bloquée sur beau fixe chaque dimanche,
Sur la berge laissée aux bons soins de la nature,
Dans une folie douce de lumières et d’ombres
Jouant avec les habitants des lieux,
Avec la certitude d’être plus près des cieux
Que quiconque cherchant ailleurs ce qui pourrait être mieux…


Bercée par le vent d’Autan
J’imagine des chevaux, crinières aux vents,
Avec pour compagnon le soleil couchant,
Leur murmurant de hâter le pas,
Le feu de camp n’est pas loin…
L’homme y goûte le repos du juste
Lui qui sait avoir hérité des anciens
Cette terre pour la respecter et la chérir,
Mariage d’abondances et de fécondité,
Fruits du travail accompli
Et des désirs assouvis.


Bercée par le vent d’Autan
Cette terre est la mienne,
C’est le noble héritage de mes ancêtres.
Je ne peux en détacher mon regard
Le pas lourd, mon cœur m’y ramène à chaque fois,
Vérité apaisante d’une alchimie naturelle,
Elle s’impose aux gens et aux lieux,
Et de temps en temps me laisse sur ma faim
D’avoir trop voulu la comprendre et la mériter.
Que dire de plus, sinon qu’elle désespère à chaque fois
Ceux qui la voient pour la dernière fois.


Bercée par le vent d’Autan
J’imagine les champs ocre sous le soleil blanc
Ces chemins creux, ces plaines
Où blés et tournesols s’épanouissent
Pour offrir à ma vue le spectacle de leur fatale beauté…



(1993 et 2001)

Rocked by the southern wind
I imagine ochre fields under white sun
These hollow roads, these plains
Where wheat and sunflowers bloom
Offering to my view their show of simple beauty…

Rocked by the southern wind,
Who never ate grains of wheat as a gum,
And felt this pleasure of childhood calming its doubts and its sorrows…
I can feel the joy of living these moments in the slightest river, the slightest brook,
I can rely on the wheel of time,
Stopped on « beautiful weather » every Sunday,
On the shore left in care to Mother Nature,
In a sheer madness of lights and shadows,
Playing with the inhabitants of places,
With the certainty to be closer to heaven
Than anyone wandering the world for so called better things…


Rocked by the southern wind
I imagine horses, wild manes in the stream,
With the setting sun for company,
Murmuring all to hasten the step,
To the campfire not so far…
Men enjoy the rest of the fiery ones,
They're known to have inherited from the Ancients
This land to respect and love,
Marriage of abundance and fertility,
Fruit of accomplished work
And quenched desire.

Rocked by the southern wind
This land is mine,
That's the noble inheritance of my ancestors, and mine after them.
I cannot remove my eyes from Her,
With each step away, my heavy heart turns back every time,
Soothing truth of a natural alchemy,
She imposes upon people and upon places,
And, from time to time, feeds me with hunger
To understand and deserve Her more and more.
What can I say, except that She despairs every time
Those who see Her for the last time.


Rocked by the southern wind
I imagine ochre fields under white sun
These hollow roads, these plains
Where wheat and sunflowers fade
Offering to my view the show of their fatal beauty…
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